Le soleil déclinait sur la ville, projetant de longues ombres sur les avenues encore animées par le va-et-vient des habitants. Des robots patrouillaient lentement, presque méthodiquement, mais étonnamment, ils ne touchaient pas les civils. Pour les passants, c'était une apparition étrange : des silhouettes métalliques qui traversaient la rue, neutralisant tout ce qui ressemblait à un obstacle — sauf les humains.
Santoll était le premier à réagir. Il surgit d'une ruelle, sa cape flottant derrière lui, frappant le sol avec un poing blindé qui émit une onde de choc. Deux robots furent projetés contre un mur, leurs articulations grinçant, mais ils se relevèrent aussitôt. Santoll fronça les sourcils. « Ils sont programmés pour éviter les humains… mais pourquoi ? » murmura-t-il.
Ooclady, légère et rapide, glissa entre les passants, prenant de l'altitude et observant la scène. Ses yeux analysaient chaque mouvement. Elle attrapa un robot par le bras et le propulsa contre un lampadaire. Le métal craqua mais l'automate se redressa. D'un geste fluide, elle utilisa son pouvoir de télékinésie locale : les robots proches furent ralentis, leurs pas devenant maladroits, presque hésitants.
Viperion, concentrée, fixa ses chakras. Ses mains brillèrent d'une lueur verte, frappant les points vitaux des robots avec précision. Les mécaniques s'arrêtèrent net, incapables de continuer leur marche programmée. Puis, calmement, elle appliqua ses totems-serpents pour recoudre les circuits endommagés, afin qu'ils restent fonctionnels mais inoffensifs pour les civils.
Storm, quant à elle, soupira profondément avant de souffler. Une bourrasque traversa la rue, envoyant valser trois robots qui tentaient de contourner les héros. Mais son œil trahissait toujours la peur qui la rongeait. Chaque mouvement était puissant mais contrôlé, et elle savait qu'un faux geste pourrait transformer ces alliés mécaniques en armes mortelles.
Ioplex se plaça au centre de la zone, déployant ses drones. Sept silhouettes compactes jaillirent autour de lui, tirant des rafales de lumière non létales pour désorienter les robots. Certains passants applaudirent, impressionnés, mais restaient prudents à distance. Les robots, lentement, furent repoussés, encadrés par les héros. Aucun civil n'était touché, et la ville entière pouvait observer sans comprendre : ces machines semblaient agir seules, mais étrangement guidées vers le chaos contrôlé par les super-héros.
Une vieille dame, assise sur son banc, murmura : « Ils… ils ne veulent pas nous faire de mal. »
Un enfant à côté d'elle leva les yeux : « Regarde ! Les héros arrêtent les robots ! Mais… pourquoi ? »
La scène se répéta dans plusieurs rues parallèles. Des robots traversaient les avenues, et à chaque fois, Santoll, Ooclady, Viperion, Storm et Ioplex interceptaient avec précision. La coordination entre eux était parfaite, presque instinctive. Chaque héros utilisait ses forces propres pour immobiliser les robots sans jamais mettre un civil en danger.
Leurs visages étaient concentrés, leurs respirations rapides. Même en ne voyant pas l'origine exacte de ces robots, ils savaient tous que quelque chose manipulait ces machines. Mais pour l'instant, leur objectif était simple : protéger la population, ralentir les robots, et observer chaque mouvement pour comprendre la logique derrière ces automates conscients.
Dans une ruelle voisine, un petit groupe de jeunes regardait la scène avec fascination. Aucun ne s'approcha. Leurs téléphones enregistraient chaque moment, capturant des images qui bientôt feraient le tour de la ville. Les robots, eux, continuaient leur marche comme guidés par une intelligence invisible, mais chaque confrontation avec les héros les immobilisait quelques instants, juste assez pour que les civils comprennent qu'ils n'étaient pas seuls.
Le calme étrange de la ville contrastait avec l'action concentrée des super-héros.
Pendant ce temps.
Le bunker vibrait sous les sirènes d'alerte. Des lumières rouges clignotaient le long des murs en béton fissuré.
Nolan, Morice, et Jecica se tenaient dos à dos, les yeux rivés sur la porte blindée qui venait de se rouvrir lentement.
Un homme entra, essoufflé, couvert de poussière : Paul.
— « Vous pensiez que j'étais mort ? » lança-t-il, avec un sourire amer.
Nolan resta figé.
— « Paul… ? Mais comment— »
— « Pas le temps. Je suis venu chercher quelque chose. »
Il contourna les débris, se dirigea vers un vieux coffre métallique marqué du logo ButterLife Industries.
Ses doigts tremblaient légèrement lorsqu'il l'ouvrit.
À l'intérieur : une mallette noire, verrouillée par reconnaissance oculaire.
Un bip résonna, puis un déclic sec.
— « Voilà… » souffla Paul.
Morice, intrigué :
— « C'est quoi ce truc ? »
— « L'un des crétages… un module de codage. Chaque ingénieur de ButterLife en possède une copie. Avec tous les fragments réunis, on peut reprogrammer les robots. Ou… les libérer complètement. »
Un bruit métallique éclata au-dessus d'eux.
Des robots venaient d'entrer.
Leurs yeux rouges s'allumèrent dans la pénombre, leurs pas mécaniques résonnant dans le couloir.
— « Ils nous ont repérés ! » cria Jecica.
Nolan attrapa son masque de Prime, hésita… puis le jeta au sol.
— « Pas de Prime cette fois. On y va à la dure. »
Morice dégaina son pistolet électromagnétique.
Paul referma la mallette, la plaça dans son sac, et fit signe :
— « Par ici, j'ai un véhicule dehors ! »
La course
Ils coururent à travers les tunnels, les tirs plasma ricochant contre les murs.
Les robots se rapprochaient, rapides, coordonnés.
L'un d'eux bondit du plafond — Nolan le frappa de plein fouet avec une barre de fer, le propulsant contre une conduite électrique.
L'étincelle illumina tout le couloir.
Jecica trébucha, Morice la rattrapa.
— « Bouge pas, je te couvre ! »
Paul tapa un code sur une porte blindée — elle s'ouvrit sur un hangar souterrain.
Au centre : un énorme véhicule noir, blindé, aux pneus massifs.
Une plaque métallique brillait sur le capot :
"PROJECT: FORTRESS."
— « Montez ! » cria Paul.
Les moteurs rugirent aussitôt.
Nolan sauta à bord en dernier, refermant la trappe alors qu'un robot tirait une rafale derrière eux.
La porte du hangar explosa dans une pluie d'étincelles alors que Fortress fonçait à toute allure vers la sortie.
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La poursuite dans la ville
À la surface, la nuit tombait.
Le véhicule surgit dans les rues désertes de City Prime, dérapant sur l'asphalte.
Derrière eux, une meute de drones et d'unités quadrupèdes s'élançait, rapides comme des ombres.
Morice au volant, les mains crispées sur le manche :
— « Dis-moi qu'il y a une bonne raison pour tout ça ! »
Paul :
— « Ces robots ne sont pas juste des soldats… ils sont des gardiens. ButterLife a verrouillé leurs codes avec nos empreintes. Si quelqu'un récupère toutes les mallettes, il contrôle tout. »
Un tir plasma frôla la vitre.
Nolan hurla :
— « Accélère ! »
Jecica regardait par la lucarne arrière — la ville flamboyait dans le chaos, les robots grimpaient sur les toits, bondissaient de building en building.
Un drone percuta le véhicule, l'envoyant valser contre un mur.
Morice reprit le contrôle de justesse.
Des alarmes retentirent dans le tableau de bord.
— « On ne tiendra pas longtemps ! »
Paul ouvrit la mallette, activa un module.
Un hologramme bleu s'éleva : une série de codes binaires en mouvement.
— « Si j'arrive à brouiller leur liaison centrale, on aura une fenêtre de dix secondes pour fuir. »
Nolan le regarda, haletant :
— « Dix secondes, c'est tout ce qu'il me faut. »
Il se redressa, ouvrit la trappe du toit et monta à moitié dehors, tirant une grenade ionique qu'il lança vers les robots.
Une lumière aveuglante explosa derrière eux.
Les systèmes des machines se mirent à grésiller, certaines tombant raides.
Le véhicule fonça à travers un barrage de police abandonné et disparut dans un tunnel ferroviaire.
Silence.
Répit temporaire
Morice arrêta le moteur.
Tout le monde respirait fort.
Jecica tenait sa main sur son ventre.
Nolan se tourna vers Paul, le visage plein de doutes.
— « Qu'est-ce que tu comptes faire avec cette mallette, Paul ? »
Paul le fixa longuement.
— « Sauver ce qu'il reste de nous. Avant que ButterLife, Lofeso et Elioplex ne s'emparent du monde entier. »
Un grondement lointain retentit à la surface.
Nolan leva la tête.
— « Qu'est-ce que c'est encore ? »
Paul, froidement :
— « Ce n'est pas fini. C'est juste… le début. »
