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Chapter 12 - CHAPITRE 12 ENTRAINEMENT A LA PLAGE

La nuit était tombée depuis longtemps lorsque Akai rouvrit les yeux.

Il était revenu seul sur la plage.

La mer était plus sombre, plus profonde. Le reflet de la lune traçait un chemin argenté sur l'eau calme, presque hypnotique.

Il s'avança jusqu'à ce que l'eau lui arrive aux genoux.

— Cette fois… je vais aller plus loin, murmura-t-il.

Il ferma les yeux.

Respiration lente.

Une vague vint mourir contre lui.

Il ne la repoussa pas.

Il la laissa entrer dans son rythme.

Son pouls ralentit.

Les battements de son cœur commencèrent à se synchroniser avec le mouvement de la marée.

Inspire.

Expire.

L'eau autour de lui frissonna.

Puis, lentement, elle se souleva.

Pas violemment. Pas comme un tsunami.

Juste… une élévation contrôlée.

Un cercle parfait autour de lui.

Akai leva légèrement la main.

L'eau tourbillonna, se resserra, forma une sphère dense au-dessus de sa paume. Il ajusta sa respiration… et la sphère changea.

Plus compacte.

Plus stable.

— Pas d'instabilité… pensa-t-il.

Il fit apparaître une seconde sphère.

Puis une troisième.

Elles vibrèrent légèrement… mais ne se percutèrent pas.

Il transpirait.

Son corps sentait la pression.

Mais cette fois, il ne laissait pas les ondes le submerger.

Il les guidait.

Soudain, il ouvrit les yeux.

D'un geste sec, il projeta les trois sphères vers la mer.

Elles explosèrent au loin dans un impact sourd, soulevant une gerbe d'eau impressionnante.

Le souffle de la vague revint vers lui.

Il resta debout.

Immobile.

Un léger sourire se dessina sur son visage.

— Je progresse.

Au même moment, en ville.

Le maître du Feu se tenait face à Moeruhi.

— Ta maîtrise est propre… mais trop émotionnelle, dit-il.

Moeruhi serra les dents.

— Je veux devenir plus fort.

— Alors cesse de vouloir brûler plus fort. Apprends à brûler plus longtemps.

Une flamme fine et stable apparut dans la main du maître.

Silencieuse.

Maîtrisée.

— La puissance n'est rien sans contrôle.

Plus loin, Nobu aidait le maître de la Terre à analyser une fissure noire traversant une rue.

— Ce n'est pas naturel… dit Nobu en touchant le sol.

Le maître hocha la tête.

— Non. Quelque chose a traversé ici.

L'Air, quant à lui, observait le ciel nocturne.

Le vent changeait.

Subtilement.

Comme si l'atmosphère retenait quelque chose.

Retour à la mer.

Akai inspira profondément.

Puis il replongea.

L'eau referma le monde au-dessus de lui.

Silence.

Mais cette fois…

Ce n'était pas seulement son corps qui descendait.

C'était son esprit.

Il avait l'impression de sombrer plus profondément que la mer elle-même.Pas physiquement.

Mentalement.

Comme s'il traversait les couches invisibles de l'eau.

Au début, il ne vit rien.

Puis des lumières apparurent.

Des reflets.

Des fragments.

Il comprit.

Ce n'étaient pas des illusions.

C'étaient des souvenirs.

La mer… gardait tout.

Il vit un enfant rire en courant sur cette même plage, des années auparavant.Il vit deux amoureux se promettre de revenir ici chaque été.Il vit un vieil homme apprendre à son fils à nager.Des éclats de joie.Des promesses.Des moments simples.

Aucune peur.

Aucune violence.

Seulement le beau.

Seulement ce que l'eau avait choisi de préserver comme lumière.

À cet instant suspendu, le soleil effleurait l'horizon et ses rayons faisaient miroiter le bleu somptueux de la mer.

Les souvenirs flottaient autour de lui comme des constellations sous-marines.

Et pour la première fois…

Akai ne sentit pas le poids du démon.

Il ne sentit pas le chaos.

Il sentit la beauté du monde.

Ses yeux s'ouvrirent sous l'eau.

Ils brillaient.

D'un éclat doux.

Pas violent.

Pas destructeur.

Un éclat vivant.

Il comprit alors quelque chose d'essentiel :

L'eau ne garde pas seulement la douleur.

Elle garde aussi l'espoir.

Elle garde l'amour.

Elle garde la lumière.

Et s'il apprenait à se connecter à ça…

Alors il ne serait jamais contaminé.

Parce que sa fréquence ne serait pas guidée par la peur.

Mais par ce qu'il y a de plus beau.

Un léger sourire apparut sur son visage sous l'eau.

— Je progresse…

Lorsqu'il remonta à la surface, quelque chose avait changé.

Ce n'était pas sa puissance.

C'était sa stabilité.

Son regard était plus clair.

Plus profond.

Plus lumineux.

Et la mer, autour de lui, semblait répondre avec douceur.

Akai resta un instant immobile après être revenu à la surface.

L'eau glissait sur son visage.

Ses yeux brillaient encore légèrement.

Il respirait calmement.

Stable.

À quelques dizaines de mètres, sur un rocher partiellement immergé, la cheffe de l'Eau observait en silence.

Elle avait tout vu.

La profondeur de la descente.

La synchronisation.

La lumière dans ses yeux.

Elle croisa lentement les bras.

— Il n'a pas cherché la puissance… murmura-t-elle. Il a cherché l'équilibre.

Un léger sourire apparut sur son visage.

— Il est sur la bonne voie.

Akai sentit une présence et tourna légèrement la tête.

Elle s'approcha de lui, marchant sur l'eau avec une fluidité presque irréelle.

— Ce que tu viens de faire… peu de maîtres y parviennent aussi tôt.

Akai baissa légèrement les yeux.

— Je n'ai rien forcé… j'ai juste… écouté.

Elle hocha la tête.

— Exactement.

Un silence.

Puis son regard changea.

Plus sérieux.

— Maintenant que ton esprit ne s'effondre plus sous les vibrations… il est temps de passer à autre chose.

Elle leva la main.

La mer autour d'eux commença à s'agiter.

Pas violemment.

Mais avec densité.

— La méditation stabilise.— Les attaques, elles, testent cette stabilité.

Une colonne d'eau s'éleva brusquement devant Akai.

— Montre-moi.

Akai inspira.

Il leva la main.

La colonne vacilla.

Il ajusta sa respiration.

Elle se stabilisa.

— Première technique : Lame fluide.

La cheffe de l'Eau fit un geste sec.

L'eau se comprima… puis se transforma en une fine tranche brillante qui fendit la surface avec précision.

— Ce n'est pas la force qui coupe.— C'est la compression.

Elle regarda Akai.

— À toi.

Akai concentra l'eau devant lui.

Elle vibra légèrement.

Il repensa à la lumière sous la surface.

À la beauté qu'il avait vue.

Son rythme cardiaque resta stable.

L'eau se condensa.

Une lame imparfaite se forma.

Elle partit en diagonale… et frappa la mer en éclaboussant.

Silence.

La cheffe de l'Eau ne dit rien.

Puis :

— Encore.

Deuxième tentative.

Plus stable.

Plus fine.

La lame fendit la surface proprement.

Un léger éclat dans les yeux d'Akai.

— Bien.

Elle leva à nouveau la main.

Cette fois, l'eau autour d'eux tourbillonna.

— Deuxième technique : Vortex ascendant.

Un tourbillon vertical se forma, puissant mais contrôlé.

— Ne lutte pas contre l'eau.— Guide sa rotation.

Akai sentit la pression.

Beaucoup plus exigeant.

Il étendit les bras.

L'eau se mit à tourner.

D'abord chaotique.

Puis il ajusta sa respiration.

Le vortex se stabilisa.

Plus petit que celui de son maître.

Mais réel.

Contrôlé.

La cheffe de l'Eau observa attentivement.

Puis, très légèrement :

— Tu progresses plus vite que je ne l'avais prévu.

Akai la regarda.

— Parce que je ne suis pas seul.

Elle soutint son regard.

— Non.— Parce que tu as choisi la bonne fréquence.

Le vent passa doucement sur la mer.

Le soleil commençait à descendre.

La journée touchait à sa fin.

Mais quelque chose venait réellement de commencer.

Akai n'était plus seulement un porteur de sceau....

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